lundi 10 octobre 2011

Un peu de maturité dans le discours humanitaire

Comme tout le monde, je reçois d'innombrables appels au don : une évolution se dessine, heureusement, vers une communication plus informative et même (parfois) plus réaliste.
Mais on voit encore de drôles de choses : quelle ne fut pas ma surprise de recevoir un pli de l'Association pour la Recherche sur le Cancer, accompagné d'une sorte de pilulier transparent censé abriter le "gêne de la générosité" (à coller sur le bon de soutien !!!). Ce type de discours me parait non seulement ridicule, mais contre-productif, à la fois pour cette association et pour les autres.
La rude concurrence entre associations humanitaires lasse le public, mais au surplus le fait douter. Certes, il est difficile d'attirer l'attention sur une cause : mais ce n'est pas en utilisant des approches marketing fondées sur l'impulsion qu'on facilitera l'émergence d'un vrai comportement philanthropique.
Nombreux sont ceux qui donnent de petites sommes au gré des demandes (ou des sollicitations dans la rue ... exaspérantes à la longue pour ceux qui vivent comme moi dans des quartiers fréquentés) mais qui finalement ne savent plus pour qui ni pour quoi.
Alors bravo aux associations qui osent tenir un langage plus réaliste, plus nuancé, plus rude parfois (je pense à MSF) : ils participent à construire un discours humanitaire plus mature, plus respectueux, et au total, je l'espère, plus efficace.

jeudi 8 septembre 2011

Drame somalien : les paradoxes du discours humanitaire

Devant l'épouvantable situation de famine dont souffrent des millions d'êtres humains dans la Corne de l'Afrique, trois types de messages contradictoires parcourent nos médias :
1/ Il faut acheminer des vivres ;
2/ Il faut donner aux associations qui sont sur place ;
3/ Il faut faire confiance aux ONG expérimentées, et accepter l'idée qu'elles font du mieux qu'elles peuvent, sachant que les solutions sont imparfaites et compliquées à mettre en oeuvre. Bref, donner beaucoup pour que parvienne peu.
Le 1er septembre dernier, le roulier Eider appareillait à Toulon à destination de Djibouti, emportant 267 tonnes de riz, 40 de farine, 48 de sucre et 26 d'huile. Le tout avait été réuni par l'association "France Afrik Terre 2 Kultur" de Villiers sur Marne, la région PACA, des filières agro-alimentaires, sous la houlette du Ministère des Affaires Etrangères. Articles dans la presse, mobilisation associative, félicitations et discours chaleureux des politiques : tout ce qui fait plaisir.
C'est oublier un peu vite la réalité : acheminer des denrées est d'un coût exorbitant pour un résultat faible, tant la probabilité de parvenir aux populations concernées est limité.
Les rares ONG présentes en Somalie préfèrent, bien sûr, des dons qui leur permettent d'acheter sur place : "Nous préférons nous appuyer sur des commerçants locaux pour faire vivre une économie et pour assurer la sécurité de nos équipes qui ne sont pas accusées de faire venir des aliments de l'extérieur", explique la responsable Afrique de l'est à Solidarités International. Le porte-parole de MSF est plus direct encore : "En Somalie, le contrôle de l'aide est un motif de combat entre les factions (...) On ne peut donc pas garantir qu'il n'y a pas de détournement. Sur place, les équipes ne peuvent pas se déployer comme elles l'entendent, n'ont pas toujours accès aux victimes. Je dirais même que le détournement est garanti, car ne pas l'accepter ce serait renoncer" (lu dans Var-Matin le 1er septembre).
Il ne faut donc pas s'étonner que les donateurs soient perplexes ! Faut-il pour autant leur raconter de belles histoires et leur donner à penser que l'humanitaire, c'est simple ? Il serait temps à mon sens (et certains commencent à le faire) d'élaborer un mode de communication plus réaliste, plus nuancé, qui contribue à une pédagogie du don, et à une meilleure connaissance des réalités de notre monde.

mardi 9 août 2011

Un océan de filles !


Voici la première photo reçue de Hiam et Emmanuel qui ont été à la rencontre des filleules du Trèfle bleu. Elle est sans doute prise à Tranquebar, dans le Tamil Nadu au sud d'est du continent indien. Cela se passe, je crois, de commentaire ...

lundi 4 juillet 2011

Vient de paraître dans l'Archicube ...

... un article que j'ai écrit sur "Les nouveaux philanthropes", puisque ce numéro est centré sur le mécénat et la philanthropie. J'y propose une synthèse à ma sauce des facteurs d'évolution du secteur, que je trouve très importants, parce qu'ils sont en passe d'en faire - aussi - un véritable secteur économique et professionnel.
En voici l'introduction :
"En ce début de siècle, la philanthropie a changé de visage, et son mode de pensée s’en trouve transformé : il est devenu créatif.

Trois facteurs essentiels ont déclenché cette mue : l’engagement des très grandes fortunes (essentiellement américaines) qui abordent ce domaine avec un esprit d’entreprise et d’efficacité qui le renouvelle complètement ; l’intérêt récemment porté par la recherche universitaire au domaine de la lutte contre la pauvreté, relayée par une vulgarisation de qualité : l’éclosion de petites entités oeuvrant pour une action ciblée, favorisée, en France, par la nouvelle forme juridique des fonds de dotation, qui a modifié de façon inattendue et assez radicale le paysage classique des organisations à but non lucratif."

N'hésitez pas à me demander la suite !

mercredi 25 mai 2011

Un dernier effort pour éradiquer la polio en Inde | Fondation Bill & Mel...

Le dernier mètre ...

... c'est le plus dur à parcourir ! Et un défi propre à la philanthropie privée. L'éradication de la poliomyélite est un bon exemple : Bill Gates semble en faire une affaire personnelle, et sa Fondation investit de manière massive en Inde, mais aussi au Congo et en Angola, pour élargir la couverture vaccinale au plus près de l'ensemble de la population. C'est un effort considérable, car il faut aller vacciner partout, plusieurs fois, trouver des gens pour le faire, etc. Aucune politique publique ne peut dépenser autant pour un impact aussi minoritaire à court terme.
De même la Fondation est devenue le plus gros contributeur mondial à la recherche d'un vaccin contre le paludisme (rappelons que près d'un million de personnes en meurent chaque année ...)
Le paludisme est typiquement une maladie de pauvres, et n'ouvre donc pas de marché. Il est donc essentiel que la philanthropie privée monte en puissance à côté des politiques publiques, parce qu'elle peut oser "le dernier mètre".

samedi 23 avril 2011

Des pommes, des sardines et des macarons

C'est le repas dont rêve une togolaise qui vient d'hériter de son frère (vu dans une émission d'M6 sur l'héritage) ! Il est vrai qu'elle confectionne chaque jour, pour se nourrir ainsi que ses proches, des beignets de rat ...
Ceci pour nous rappeler simplement aux réalités : le budget alimentaire représente en Europe 14% du budget des ménages, contre plus de 60% en Inde, par exemple.
La priorité des priorités, c'est de nourrir la planète. Et puis aussi de la soigner et de l'éduquer.
Parrainons, parrainons encore, car c'est la manière la plus concrète de soutenir ceux qui sont efficaces sur le terrain !